Les bulbuls du genre Hypsipetes sont des bulbuls noirs qui se retrouvent sur quasiment toutes les îles de l’Océan Indien.

Ils sont tous à peu près la même dégaine : plus ou moins mal coiffés, bruns avec une calotte plus foncée, du genre hirsutes. Et plutôt bruyants.

Sur une photo, sans aucune indication géographique, il sera quasiment impossible de faire la différence entre les espèces. Le bulbul de la Réunion sort légèrement du lot puisque c’est le seul à avoir l’iris clair… Peu importe, ce n’est pas le sujet.

jeune bulbul

Juvénile du bulbul merle

Sur les îles granitiques des Seychelles on trouve donc Hypsipetes crassirostris, autrement dénommé bulbul merle ou encore bulbul des Seychelles. Ce qui est plutôt logique.

Ce jeune individu traînait dans la forêt de Mahé, sous l’oeil vigilant de ses parents.

Sous le regards bienveillant de l'adulte...

Sous le regard bienveillant de papa ou maman…

Le granit rose des Seychelles a au moins 750 millions d’années… Il est né du côté du bassin Somali à l’époque où il n’y avait qu’un continent unique et primitif.

Petit à petit les futures îles se sont progressivement désolidarisées du Gondwana. C’était il y a environ 225 millions d’années. Avec elles, il y avait Madagascar, le futur sous-continent Indien, la future Antarctique, la future Australie…

A une période estimée entre 84 et 95 millions d’années, les Seychelles et l’Inde se séparaient de Madagascar. Entre temps, le bassin des Mascareignes voyait le jour, faisant pivoter dans leur lente migration l’Inde et les Seychelles.

Il y a 66 millions d’années, la séparation avec le sous-continent indien était actée. Les Seychelles venaient de naître.

Là bas, Praslin...!

Là bas, Praslin…!

Au moins 65 millions d’années pour des îles, c’est fou. A titre de comparaison, l’île de la Réunion est un super bébé avec un âge estimé à 3 millions d’années…

Au niveau biologique, ce grand âge et cette lente migration explique la présence de nombreux batraciens et au moins une espèce de poisson d’eau douce endémique en plein milieu de l’océan (un killie, famille des Cyprinodontidae pour les spécialistes…). En effet, les grenouilles ne sont pas capables de traverser de grandes étendues d’eau salée… La faute à leur peau pas vraiment hermétique…

Le bois de négresse est un arbuste assez esthétique et de surcroît endémique.

On le retrouve un peu partout sur l’île plutôt dans les Hauts et dans les milieux conservés.

C’est une euphorbiacée.

Bois de négresse

Bois de négresse

C’est également un plante médicinale.

Son nom vient de ses propriétés abortives. Les anciennes femmes esclaves l’utilisaient dans le temps lontan. Il est aussi connu sous le nom de bois de cafrine ou encore faux bois de demoiselle.

En remontant la ravine, ce bois de rempart m’a coupé la route.

Bejisa avait du le mettre à terre.

Ce qui ne l’empêchait pas d’exhiber ses fleurs à l’incarnat caractéristique.

Et ses feuilles à la manière d’un saule.

Agauria salicifolia, bouquet de trois fleurs

Agauria salicifolia, bouquet de trois fleurs

 

Il y a quelques jours (semaines ?), un article de 24matin.ch (« Tous les textes présents dans nos pages sont réels, c’est à dire rédigés avec de vrais mots« ) a circulé sur les réseaux sociaux (le développement de l’agent pollinisateur Popo 265 de Monsanto) et a été repris par un nombre assez incroyable d’associations, de professionnels de la nature en criant au loup sur les pesticides… Pauvres abeilles, c’est vrai qu’elles n’ont rien demandé et c’est quand même moche d’aller se faire empoisonner en vivant sa petite vie d’insecte butineur…Cet article était clairement ironique et tout le monde est tombé dans le panneau. L’article est ici.

Il y a quelques jours également, cette fois sur un blog de lemonde.fr, un auteur s’insurgeait sur la « pudeur sémantique de cigarettier » d’un rapport européen évaluant pour la première fois à l’échelle européenne les mortalités des colonies (et les impacts sanitaires d’agents pathogènes). L’article est ici et m’a quelque peu irrité. Idem chez Marianne. .

Oui ! Les insecticides tuent les abeilles. Oui, les pesticides de manière générale potentialisent de manière magnifique les effets morbides des agents pathogènes. Mais non, les abeilles ne meurent pas qu’à cause des pesticides. Et c’est trop simpliste (voire populiste)  de réduire les difficultés actuelles de tous les pollinisateurs au seul fait des pesticides.

Voilà, une abeille morte

Incroyable, mais cette abeille (et toute sa colonie d’ailleurs…) n’est pas morte à cause des pesticides…

Dans la réalité, plusieurs facteurs peuvent avoir des influences sur les difficulté des abeilles domestiques [Remarque : la mortalité d'une colonie est le niveau de difficulté le plus élevé rencontré par une abeille, une sorte de game-over] : disparition des ressources florales, influence climatique, pollution environnementale « globale », pollution environnementale spécifique, campagnes de démoustications, mauvaises pratiques des apiculteurs, agents pathogènes…

La réalité est donc très difficile à décrire, puisqu’en fonction du contexte, certains facteurs de risque prennent le pas sur d’autres.

L’impact de certains parasites comme le varroa n’est pas à prendre à la légère. Particulièrement dans les endroits où il est absent… Comme sur l’île de la Réunion !

Et dans ces cas précis, de ce parasite particulier, les estimations de son introduction seraient catastrophiques. Parler de pesticides alors, serait particulièrement malvenu. Un peu comme d’évoquer la pollution aux particules fines et son présupposé rôle majeur dans les mortalités (humaines) constatées en Afrique de l’Ouest pendant l’épidémie d’Ebola…

Il paraît que l’histoire est un éternel recommencement…

Aux jours longs succèdent les jours courts ; à la chaleur, la fraîcheur.

Avril finit d’étirer son fil.

Dans les Hauts, ce sera le temps des petits Mahots.

Certaines fleurs fanent, leur belle saison est terminée.

Il faut savoir laisser la place…

Dans quelques semaines, les forêts d’altitude se pareront de leurs plus beaux atours.

L’hiver n’est pas une saison triste.

Pompons de petits mahots

Pompons déliquescents de petits mahots. Cru 2013.

Dentelle, certes.

Dans la mesure où une certaine fragilité pourrait sembler inhérente à la finesse de la structure.

Mais non.

Les ailes des odonates sont plutôt robustes et peuvent leur permettre de franchir de longues distances. Et parmi les odonates, les anisoptères encore plus que les zygoptères.

Aile antérieure droite de Gynacantha bispina

Ptérostigma de Gynacantha bispina

Malgré ces aptitudes certaines au vol, il existe quand même des espèces endémiques.

Parmi celles-ci, Gynacantha bispina est une jolie et discrète aeschne forestière. Elle est endémique des Mascareignes, c’est à dire qu’on ne la trouve que sur l’île de la Réunion, l’île Maurice et Rodrigues.

C’est une découverte récente pour l’île puisque les premières observations décrites remontent aux années 2000.

Là-bas, dans les Hauts du Nord-Est de l’île, même s’il pleut beaucoup, il existe des petits coins de paradis. De jolies ravines, de belles forêts. Tout ça.

Là-bas, c’est le territoire du lézard vert des hauts, le Phelsuma borbonica.

Les Phelsuma sont d’aimables geckos diurnes et pour la plupart joliment colorés. Ils sont originaires de Madagascar et n’ont pas hésité à diffuser dans toutes les îles de l’Océan Indien. Des voyageurs qui se sont installés et qui ont plus ou moins perduré, malgré d’évidentes contraintes écologiques.

Phelsuma borbonica borbonica sur son piédestal

Phelsuma borbonica borbonica sur son piédestal

Au final, les Phelsuma sont un peu comme les bretons. Je m’explique.

Je crois que c’est Erik Orsenna qui disait que dans n’importe quel endroit du monde, on trouverait toujours une bouteille de Coca-Cola et un breton.

Dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien (SWIO pour les intimes), cet aphorisme est presque vrai. A cela près qu’on peut rajouter les Phelsuma.

[Et pas mal d'autres espèces (oiseaux, reptiles...) quand même. J'en reparlerai...]

Ici mars n’annonce rien.

Pas de printemps. Mais pas d’automne non plus.

Les tropiques n’aiment pas les inter-saisons, celles-ci sont trop fugaces. A choisir, c’est soit la saison froide, soit la saison chaude.

A cette période, certains arbres en profitent pour fleurir. C’est le cas du mahot tantan (Dombeya acutangula) qui fait partie de ces arbres tardifs qui préfèrent les jours raccourcissant pour dévoiler leurs charmes.

Une blancheur immaculée, de la tête au pied, des pétales au stigmate.

Un velouté de douceur.

Au plaisir d’y choir. De s’y perdre.

Evanescence de Dombeya acutangula

Evanescence de Dombeya acutangula