Matin tranquille sur Praslin.

Le soleil étire progressivement ses rayons. Au noir se succède le gris et face à l’Océan, Silhouette se dessine.

Dans les arbres, sur les fils électriques, c’est l’effervescence. Pléthore de foudis, géopélies et tourterelles malgaches viennent quêter les restes de carris de la veille.

L’espace d’un instant, une silhouette se dessine dans le manguier.

Tourterelle malgache, Nesoenas picturata

Tourterelle malgache, Nesoenas picturata

 

Dernières lueurs d’été sur les remparts de la caldeira du fond de la Rivière de l’Est.

Le soleil est rasant et malgré l’altitude la température encore douce.

Peu d’air finalement et un sentiment d’attente.

Dans quelques minutes le soleil disparaîtra derrière les crêtes.

Le silence et le frais reprendront leurs droits sur ces territoires d’altitude.

Sous le bois de rempart fleurissent des mondes engourdis…

Agauria buxifolia

Agauria buxifolia

 

Les Seychelles et son petit caméléon…

Archaius tigris est un petit caméléon endémique des Seychelles que l’on retrouve sur les 3 principales îles granitiques du fabuleux archipel (Mahé, Praslin et La Digue).

Il est de couleur assez variable et son patron de coloration, de même que sa forme générale est très différente de notre endormi péi.

Ex Calumna, sa taxonomie a évolué en 2010 pour le rattacher au genre Archaius, dont il est la seule espèce.

Une espèce arboricole très sympa qui est malheureusement menacée (comme presque toute la faune et la flore des Seychelles). Cela lui vaut le statut EN (endangered) par l’IUCN.

Archaius tigris

Archaius tigris

 

Sur l’île du Perroquet Noir, les histoires mythiques de l’Océan Indien se murmurent au creux des feuillages.

Trésors de pirates enfouis aux pieds de plutons granitiques ancestraux,

Fantômes discrets des vallées de palmiers aux fruits callypiges,

Soupirs de crocodiles oubliés au détour d’une plage de sable fin,

Hommes blancs et hommes noirs qui ont fini par oublier un peu leurs différents,

Oiseaux disparus, musique de la nature à jamais perdue.

Perroquet noir des Seychelles Coracopsis barklyi

Perroquet noir des Seychelles Coracopsis barklyi

Il y a presqu’un an (le 1er mai 2014), des travaux de génétique ont montré que le Perroquet Noir des Seychelles était une espèce à part entière et différait très fortement des autres Perroquets Noirs que l’on peut retrouver à Madagascar et aux Comores (d’autres espèces de perroquets noirs sont éteintes à la Réunion et à Maurice).

Jusqu’alors il existait 2 espèces de Coracopsis : nigra (Perroquet Noir de Madagascar et des Comores) et vasa (le Perroquet Vasa de Madagascar).

Appartenant initialement à la sous-espèce Coracopsis nigra sibilans des Comores, il a été baptisé C. barlyi. C. praslinii serait plus adapté et ferait honneur à la biodiversité exceptionnelle de ces îles extraordinaires.

Lundi férié pluvieux…

C’est rester à la maison et se replonger dans les images des sorties précédentes.

Souvenir d’une fin d’après-midi aux lumières incroyables dans la région du volcan.

Dans le fouillis de la végétation éricoïde, l’argenté des branles blancs et les verts fluorescents des Benthamia ont donné des couleurs inoubliables à cette fin de journée d’été.

Benthamia nigrescens

Benthamia nigrescens

Alors que le vin peut se définir comme étant une « boisson, généralement alcoolisée, résultant de la fermentation du vin ou du jus de raisin », Calanthe sylvatica peut être défininie comme une « orchidée terrestre indigène de la Réunion aux fleurs de couleurs variables, de la famille des Orchidaceae et à la sous-famille des Epidendroideae qui se retrouve dans toute l’Afrique sub-saharienne et dans quelques îles du SWIO* ».

Calanthe sylvatica  "Rosé"

Calanthe sylvatica « Rosé »

Calanthe rosée, vin rosé

Calanthe en blanc, vin blanc.

Rosé ou blanc, accords de robes

Plutôt rose, tantôt blanche, parfois violette.

Nez rouge ou robe blanche.

Calanthe sylvatica "Blanc"

Calanthe sylvatica « Blanc »

*SWIO : South West Indian Ocean : Sud Ouest de l’Océan Indien

17 mai 2007, dans la forêt de la Leyessa, une glossine Glossina palpalis gambiensis profite de cette fin d’après-midi pour se reposer sous les branches fines du sous-bois. Il est 16h00.

On est au Burkina Faso, quelques années en arrière.

Glossine au repos

Glossine au repos

Avec quelques collègues nous suivions le cours de la rivière asséchée à cette période de l’année pour effectuer des relevés phyto-sociologiques. Relevés qui servent à comprendre une partie de l’écologie de cette mouche tsé-tsé qui transmet un certain nombre de parasites sanguins (trypanosomes) au bétail local.

Il y avait des éléphants à proximité, et chaque mare résiduelle contenait des poissons chats et attirait des quantités impressionnantes d’abeilles et de papillons de toutes les couleurs.

Il y avait des varans aussi, des cobras et on craignait quelques vipères dans les empreintes énormes laissées par les éléphants dans le cours désséché de la Leyessa.

Quelques mois plus tard, en pleine saison des pluies, je suis retourné au même endroit. Sauf qu’il était inaccessible, l’eau recouvrait de plusieurs mètres les sites où nous étions.

Après-midi d’été dans les Hauts de l’île.

La brume monte et enveloppe de sa torpeur blanche toute la forêt.

Le silence est là, brisé par un éventuel cri d’oiseau.

Quelques sons montent de la vallée abandonnée, perçant la ouate.

Dans un bruissement d’aile, un papangue survole les crêtes.

Rien ne bouge ou presque.

L’humidité se répand. La mousse se gorge, les troncs goutent.

Les orchidées en profitent.

Jumellea rossi

Jumellea rossi

Pour cette nouvelle année…

Je vous souhaite des vallées perdues où résonnent les cris des hibous disparus

Je vous souhaite des forêts impénétrables remplies d’épiphytes bordéliques

Je vous souhaite de cascades vertigineuses plongeant vers des abîmes infinis

Je vous souhaite des tortues géantes, des atolls et des abeilles

Je vous souhaite des îles inattendues dans l’immensité de l’océan à la confluence du ciel et de la mer

Je vous souhaite moins de CO2, moins de plastique et plus d’amour.

Très bonne année à tous et merci de me suivre.

Voeux_2015_2000

C’est l’été et ses pluies providentielles viennent regonfler les mares plus ou moins temporaires des ravines pour le plus grand bonheur des batraciens…

Cette grenouille n’a pas vraiment de nom français : grenouille mascarine ou grenouille des Mascareignes ? C’est à voir. En tout cas, en anglais, elle s’appelle mascarene (grass) frog, forcément dérivé de son nom latin Ptychadena mascariensis.

Mais pourquoi un tel nom d’espèce alors qu’il n’y aucun amphibien indigène sur les trois îles des Mascareignes ? (excellente question que vous vous étiez posée devant votre ordi : mais pourquoi donc ?)

La classification linnéenne des espèce est très pratique puisque chaque espèce décrite a un nom en latin qui est unique et lui permet ainsi d’être reconnue par tous aux quatre coins de la planète : un nom d’espèce qui accompagne systématiquement un nom de genre (qui peut comporter plusieurs espèces).

Souvent, le nom d’espèce désigne une caractéristique (ex : Phelsuma lineata – avec une longue ligne noire le long de ses flancs) ou bien encore signale le découvreur de l’espèce (ex : Platysphinx bouyeri – en hommage à celui qui a découvert l’espèce… en l’occurence Jérémy Bouyer) ou bien encore… une grosse connerie bêtise… comme avec cette grenouille qui n’a rien à voir avec les Mascareignes puisqu’elle est originaire d’Afrique Centrale et de l’Est.

Simplement, les premiers exemplaires qui ont servi à la description de l’espèce étaient originaires de Maurice ou de la Réunion : premiers arrivés premiers servis, au détriment de la réalité.

Ptychadena mascariensis

Ptychadena mascariensis