Alors que le vin peut se définir comme étant une « boisson, généralement alcoolisée, résultant de la fermentation du vin ou du jus de raisin », Calanthe sylvatica peut être défininie comme une « orchidée terrestre indigène de la Réunion aux fleurs de couleurs variables, de la famille des Orchidaceae et à la sous-famille des Epidendroideae qui se retrouve dans toute l’Afrique sub-saharienne et dans quelques îles du SWIO* ».

Calanthe sylvatica  "Rosé"

Calanthe sylvatica « Rosé »

Calanthe rosée, vin rosé

Calanthe en blanc, vin blanc.

Rosé ou blanc, accords de robes

Plutôt rose, tantôt blanche, parfois violette.

Nez rouge ou robe blanche.

Calanthe sylvatica "Blanc"

Calanthe sylvatica « Blanc »

*SWIO : South West Indian Ocean : Sud Ouest de l’Océan Indien

17 mai 2007, dans la forêt de la Leyessa, une glossine Glossina palpalis gambiensis profite de cette fin d’après-midi pour se reposer sous les branches fines du sous-bois. Il est 16h00.

On est au Burkina Faso, quelques années en arrière.

Glossine au repos

Glossine au repos

Avec quelques collègues nous suivions le cours de la rivière asséchée à cette période de l’année pour effectuer des relevés phyto-sociologiques. Relevés qui servent à comprendre une partie de l’écologie de cette mouche tsé-tsé qui transmet un certain nombre de parasites sanguins (trypanosomes) au bétail local.

Il y avait des éléphants à proximité, et chaque mare résiduelle contenait des poissons chats et attirait des quantités impressionnantes d’abeilles et de papillons de toutes les couleurs.

Il y avait des varans aussi, des cobras et on craignait quelques vipères dans les empreintes énormes laissées par les éléphants dans le cours désséché de la Leyessa.

Quelques mois plus tard, en pleine saison des pluies, je suis retourné au même endroit. Sauf qu’il était inaccessible, l’eau recouvrait de plusieurs mètres les sites où nous étions.

Après-midi d’été dans les Hauts de l’île.

La brume monte et enveloppe de sa torpeur blanche toute la forêt.

Le silence est là, brisé par un éventuel cri d’oiseau.

Quelques sons montent de la vallée abandonnée, perçant la ouate.

Dans un bruissement d’aile, un papangue survole les crêtes.

Rien ne bouge ou presque.

L’humidité se répand. La mousse se gorge, les troncs goutent.

Les orchidées en profitent.

Jumellea rossi

Jumellea rossi

Pour cette nouvelle année…

Je vous souhaite des vallées perdues où résonnent les cris des hibous disparus

Je vous souhaite des forêts impénétrables remplies d’épiphytes bordéliques

Je vous souhaite de cascades vertigineuses plongeant vers des abîmes infinis

Je vous souhaite des tortues géantes, des atolls et des abeilles

Je vous souhaite des îles inattendues dans l’immensité de l’océan à la confluence du ciel et de la mer

Je vous souhaite moins de CO2, moins de plastique et plus d’amour.

Très bonne année à tous et merci de me suivre.

Voeux_2015_2000

C’est l’été et ses pluies providentielles viennent regonfler les mares plus ou moins temporaires des ravines pour le plus grand bonheur des batraciens…

Cette grenouille n’a pas vraiment de nom français : grenouille mascarine ou grenouille des Mascareignes ? C’est à voir. En tout cas, en anglais, elle s’appelle mascarene (grass) frog, forcément dérivé de son nom latin Ptychadena mascariensis.

Mais pourquoi un tel nom d’espèce alors qu’il n’y aucun amphibien indigène sur les trois îles des Mascareignes ? (excellente question que vous vous étiez posée devant votre ordi : mais pourquoi donc ?)

La classification linnéenne des espèce est très pratique puisque chaque espèce décrite a un nom en latin qui est unique et lui permet ainsi d’être reconnue par tous aux quatre coins de la planète : un nom d’espèce qui accompagne systématiquement un nom de genre (qui peut comporter plusieurs espèces).

Souvent, le nom d’espèce désigne une caractéristique (ex : Phelsuma lineata – avec une longue ligne noire le long de ses flancs) ou bien encore signale le découvreur de l’espèce (ex : Platysphinx bouyeri – en hommage à celui qui a découvert l’espèce… en l’occurence Jérémy Bouyer) ou bien encore… une grosse connerie bêtise… comme avec cette grenouille qui n’a rien à voir avec les Mascareignes puisqu’elle est originaire d’Afrique Centrale et de l’Est.

Simplement, les premiers exemplaires qui ont servi à la description de l’espèce étaient originaires de Maurice ou de la Réunion : premiers arrivés premiers servis, au détriment de la réalité.

Ptychadena mascariensis

Ptychadena mascariensis

Honorable visiteur bipède, ta présence m’honore et m’intrigue. Je ne pense pas te craindre et j’aime t’observer comme je pense que tu apprécies de me voir évoluer sur mon petit îlot. Dans ma petite forêt, je suis ici chez moi.

Je passe quasiment toute ma vie en mer. A traquer le menu fretin, à errer au fil du vent. Les années paraissent bien longues.

Alors quand je retourne sur mon îlot, j’aurais bien tort de me priver du passage d’un quelconque visiteur. Fût-il un simple bipède comme toi… Plus on est de fous, plus on rit, paraît-il. A vrai dire, je suis plutôt une sterne, mais ça reste entre nous.

Qui es-tu ?

Qui es-tu ?

Île Rodrigues, caillou minuscule, perdu dans l’Océan Indien. Errances.

Errances océaniques du voyageur, fausses errances des oiseaux marins.

Le lagon de l’île offre un certain nombre de petits îlots où les oiseaux marins trouvent refuge. Pour se reproduire le plus souvent. Le reste du temps n’est qu’errance sur l’immensité bleue.

Sur l’île aux cocos, ce sont deux espèces pélagiques qui ne mettent pied (patte ?) à terre que pour pondre et élever leurs boules de duvet.

Parmi elles, l’énigmatique gygis blanche. Le fantôme blanc des mapous¹.

La gygis sur sa branche

La gygis sur son arbre perchée

¹Le mapou ou bois mapou (Pisonia grandis) est un arbre de la même famille que le bougainvillée (famille des Nyctaginaceae) que l’on peut croiser dans l’Océan Indien et Pacifique. Il est inféodé au bord de mer (dunes, zones sableuses) et ses tissus présentent des propriétés de stockage d’eau. Ses graines collantes sont disséminées par les oiseaux marins.

En cette saison, l’île résonne des pas et des battements de coeur des milliers de raideurs qui se lancent à l’assaut de ses montagnes. Pendant 4 jours, quasiment toute l’île ne parlera que de ça…

Des champions hallucinants qui mettront une vingtaine d’heures à avaler plus de 170 km et une immense majorité d’anonymes qui se battront avant tout contre eux-même pour arriver au bout de cette folle aventure.

Départ de Saint-Pierre pour le Grand Raid (Diagonale des fous), de Cilaos pour le semi (trail de bourbon) et de Hell Bourg pour la petite mascareigne.

Soirée sur le Piton des Neiges

Soirée sur le Piton des Neiges

J’ai fouillé dans les archives pour ressortir cette photo, faite à l’époque au 40D (finalement pas si mal ce boîtier), quand je suis arrivé à la Réunion. C’était un crépuscule sur le piton des Neiges depuis le massif du volcan. Et c’est sur ce terrain de jeu incroyable que les fous vont user leurs tendons, cartilages et semelles de chaussures.

Je m’excuse pour la pétouille qui traîne sur l’image.

Et je pense à tous les copains qui ont déjà commencé leur course, en attendant avec impatience le début du trail de Bourbon. Départ à 04h00 ce samedi matin !

A l’île de la Réunion, parmi la flopée d’oiseaux exotiques qui ont élu domicile sur ce caillou, il y a une aimable et petite tourterelle qui se fait appeler géopélie zébrée.

« Géo » en référence à la terre puisqu’elle semble passer la majeure partie de son temps au sol. Elle est discrète et ne passe pas son temps à roucouler en haut des fils électriques ou à la cime des arbres. Elle est pourtant omniprésente et, comme le moineau domestique, est un compagnon plutôt fidèle de l’humain.

Tourterelle péi ou Geopelia striata

Tourterelle péi ou Geopelia striata

Ce cousin quasi-germain de notre zoizo vert local a une vie un peu moins rose que lui. Enfin, tout est relatif, mais quand même.

Ses effectifs sont extrêmement réduits dans son milieu naturel avec une population estimée à 190-300 couples localisés essentiellement dans le Black River Georges National Park. C’est très peu et c’est pourquoi l’IUCN lui a attribué le statut peu enviable d’espèce « Critically Endangered » (CR). C’est moche, c’est triste.

Les causes de son déclin son nombreuses et tragiquement classiques : réduction et fragmentation de son habitat naturel, prédation par les espèces exotiques…

Mais.

Zosterops chloronothos, zoizo vert mauricien

Zosterops chloronothos, zoizo vert mauricien

Il y a un mais. Et beaucoup d’espoir.

La Mauritius Wildlife Foundation assure un travail assez intéressant de protection. Plusieurs individus ont été prélevés dans le milieu naturel et ont été introduits sur l’île aux aigrettes qui a subi un important travail de restauration écologique : élimination des pestes végétales, restauration des écosystèmes, contrôle des espèces animales exotiques, notamment les rats. Il y en a 25 qui devraient permettre le renforcement des effectifs.